GALERIE BERNARD BOUCHE
REBECCA HORN
ÉTIENNE-MARTIN
BERND LOHAUS
 Rebecca Horn, Belle du vent, 2003. Pierre volcanique, cristal de roche, moteur, socle : 43 x 27 x 16 cm.

 
Rebecca Horn, Belle du vent, 2003. Pierre volcanique, cristal de roche, moteur, socle : 43 x 27 x 16 cm.


La galerie a le plaisir de vous convier, à partir du jeudi 7 novembre jusqu'au 20 décembre, pour une exposition sur la sculpture, avec un choix d'œuvres de Rebecca Horn, Etienne-Martin et Bernd Lohaus. Certes, trois artistes au vocabulaire différend mais dont l'accrochage pour cette exposition révèlera des proximités poétiques inattendues.

Avec des matériaux puissants et denses tels le bois d'azobé, Bernd Lohaus (1940-2010) arrive à une combinaison de formes sobres, massives, sculpturales. Parfois apparaissent des inscriptions écrites principalement à la craie qui font référence au sens primaire du vocabulaire de la langue. Le matériau acquiert ainsi une signification contradictoire; celui-ci, tout en lourdeur, se voit doté par l'inscription énigmatique et personnelle (en allemand) d'une sorte de fragilité abstraite. Les œuvres les plus récentes de Bernd Lohaus se privent toutefois de plus en plus de la présence de la langue, la disposition intuitive du bois devient à elle seule est un langage.


Etienne-Martin (1913-1995) est  l'un des artistes majeurs français de la seconde moitié de XXème siècle. Jeune, il fut marqué par l'enseignement de Gurjieff et les philosophies ésotériques. Il fut aussi proche de l'écrivain Henri-Pierre Roché et a fréquenté les architectes du groupe d'Oppède animé par Bernard Zerfuss. Puis, Harald Szeemann - un ardent défenseur, fera de lui l'un des artistes clés de la section "Mythologies individuelles" à la Documenta V de Kassel en 1972. Etienne-Martin reste un artiste à découvrir et à redécouvrir, qui continue à résister aux tentatives hâtives de l'enfermer dans un courant esthétique établi, et qui ne cesse de nous surprendre et de nous enchanter par l'inventivité et la vastitude de son univers. Tout en étant de son époque, mais fondamentalement libre et indépendant, ce rêveur intempestif de la matière et de la forme, a pratiqué un art qui était, en fin de compte, autre et plus qu'une sculpture.


Tempérament rebelle, Rebecca Horn (1940) se tourne très tôt vers l'art et la philosophie. En moulant ses premières figures en polyester, elle contracte en 1967, une grave affection pulmonaire qui devient une expérience fondatrice. Enfermée plus d'un an dans un sanatorium, elle imagine alors des sculptures liées au corps. À travers elles, Rebecca Horn se métamorphose en créature fascinante, à la fois mâle et femelle, humaine et animale, suprasensible. Puis les corps s'effacent au profit de sculptures animées ou motorisées. Pour cette l'exposition nous présenterons trois pièces importantes dont Nuage de pierres de 1995 et Belle du vent de 2003.