GALERIE BERNARD BOUCHE
La Galerie Les Artistes Programme

12 SEPTEMBRE - 18 OCTOBRE

CHARLES MAUSSION

La galerie propose pour la rentrée une exposition d'oeuvres récentes de Charles Maussion. Artiste rare, produisant peu, on est surpris par la fraîcheur et l'évidence de son oeuvre.

Ce n'est pas la quantité ou le temps passé qui compte c'est l'intensité.... Ca m'arrive, assez rarement je dois dire, de ne pas sentir l'impulsion et bien je ne travaille pas ! Mais c'est rare. La plupart du temps c'est une envie, c'est un besoin, c'est quelque chose qui a besoin de s'exprimer. C'est tout simple. Le problème du peintre, ce n'est pas de faire, c'est de reconnaître ce qui est déjà là. Le faire vient en dernier lieu, c'est un résultat. Mais l'impulsion c'est elle qui fait tout. C'est à dire qu'avant d'être un travail sur la toile, c'est un travail qui vient de l'intérieur...
Je crois que si on est le plus sincère possible, que si l'on cherche au plus profond de soi-même, alors on retrouve des choses qui sont communes à tous. Donc, on peut communiquer à travers ça. L'émotion vient d'une chose essentielle qu'on reconnaît en soi, et si elle est en soi, elle est aussi chez les autres.... Dès que l'on se dit "je sais", on est dans l'erreur. En fait, le problème de la peinture, c'est "je ne sais pas". Là, tout est possible. Là il y a une immensité...

Extrait d'un entretien avec Philippe Chautard.

English

The Bernard Bouche Gallery exhibits this fall recent works of Charles Maussion.This rare artist produces little; He surprises with the freshness and the obviousness of his work.


“It ‘s not the amount of work nor the time spent that matter, it’s the intensity... It happens to me, quite rarely I must say, not to feel the impulse, well in these cases I don’t work! But it’s rare. Most of the time, it’s an urge, a need, something that needs to be expressed. It’s simple. The problem of the painter is not to make, it’s to recognise what is already there.The making comes last, it is a result. But the impulse, it is what does everything. Which means that before being a work on canvas, it is a work that comes from inside...
I think that if we are as sincere as possible, that if we look deep inside ourselves, then we find back things that are common to all of us. Thus, we can communicate through it.
Emotion comes from something essential that we recognise inside ourselves, and if it is inside us it is also inside others... As soon as we think “I know”, we are mistaken. Actually, the problem of painting is “I don’t know”. There, everything is possible. There there is an immensity...”

Extract of an interview with Philippe Chautard.

1. CHARLES MAUSSION Sans titre 2007 Peinture à l'oeuf 33x24cm

2. CHARLES MAUSSION Montagne 2005 Peinture à l'oeuf 130x195cm

23 OCTOBRE - 20 DECEMBRE

SUSANA SOLANO

La galerie présente à partir du 23 octobre une exposition de sculptures récentes de cette grande artiste. Née à Barcelone en 1946, Susana Solano a participé à de nombreux événements internationaux tels que Documenta VIII et IX (1987 et 1992), Sao Paulo Biennale (1987), Sculpture projekte in Münster (1987), Biennale de Venise (1988 et 1993)....
Pour Susana Solano, l'essentiel se résume à la méditation d'une forme dans l'espace. Eternelle préoccupation d'un sculpteur. Son matériau de prédilection étant l'acier inoxydable, on est surpris lorsque l'on visite l'artiste de constater que, travaillant seule, elle réalise d'importantes pièces avec une si grande économie de moyens. Pas de traces, et une dualité entre le poids de l'oeuvre et légèreté d'aspect.
Différentes facettes de son travail ont été présentées dans d'importantes expositions récentes; les peintures, photographies et installations au MACBA à Barcelone en 1999, la sculpture au Museu de Arte Moderna, à Sintra en 2001 et enfin la FONDACION ICO à Madrid en 2007-08 où Solano montrait ses projets associés à l'architecture.
Photographies sur demande.

La sculpture de Susana Solano est centrée sur la représentation de ce que l'artiste assimile et s'approprie.
Avant de devenir oeuvre d'art, elle doit faire partie de ce qui appartient à l'artiste.
Susana Solano ne participe pas aux choses qui l'entourent. Elle est une observatrice qui capture le souffle de ces choses à travers les expériences qu'elle vit, pour l'insuffler ensuite aux oeuvres qu'elle crée.
Son travail se matérialise dans des objets qui transcendent la sphère physique et nouent des liens avec des situations dans lesquelles la méditation et le sentiment sont les facteurs prédominants. Solano en est venue à considérer la sculpture comme un voyage dans le temps.
"L'art cache la signification du temps- le temps qui mène au silence, à l'oubli, à la perte,... L'art appartient à la toile qui encapsule le temporel et se le rappelle, les lumières qui l'illuminent et les regards qui l'approchent pour explorer ce qu'il entraînent", nous dit Solano.
"Les expériences qui composent la surface de nos vies sont nombreuses. Mais quelques unes réussissent à pénétrer comme des flèches le noyau de l'existence, atteignant ainsi certaines zones neurologiques qui constituent le réservoir de nos actes et pensées et la source pérenne et intime de nos émotions. Ces profondes expériences- les nôtres, et uniquement les nôtres- sont totalement transformées, que ce soit volontairement ou inconsciemment, en un univers dominé par la mémoire et l'image. L'image de la mémoire est stockée en dehors du temps, voguant librement à travers les domaines irréguliers de l'égo, tout en gardant le droit d'apparaître ou de disparaître à son gré", dit aussi Solano.
Pour Solano, le corps est l'indicateur du temps. Ses sculptures ne sont pas anthropomorphiques pour autant. Pourtant, même dans ses oeuvres liées à l'architecture, c'est le corps qui constitue la référence. Il devient par ailleurs un avec le travail de façon immédiate quand il passe à travers et complète la sphère du sens.
Réduire l'oeuvre de Solano à une simple recherche formelle serait une erreur étant donné les liens que ces formes établissent avec les autres sphères du sens.

English

The Bernard Bouche Gallery is pleased to present starting from the 23rd of October an exhibition of new work by Susana Solano.
Born in Barcelona in 1946, Susana Solano has taken part in numerous international events such as the Documenta VIII and IX (1987 and 1992), the Sao Paulo Biennial (1987), the Sculpture Project of Münster (1987), the Venice Biennial (1988 and 1993) and many others.
For Susana Solano, the most important thing lies in meditating shape into space: a permanent duality between weight and weightlessness.
Different aspects of her work have been shown in recent exhibitions; paintings, pictures and installations at the MACBA in Barcelona in 1999, sculptures at the Museo de Arte Moderna in Sintra in 2001 and finally projects related to architecture at the Fundacion ICO in Madrid in 2007-08.

The sculpture of Susana solano centres on the representation of what she assimilates.
Before it becomes a work of art, it has to become part of what belongs to her.
Susana Solano doesn't participate to the things that surround her. She is an observer that captures the breath of these things through the experiences she lives to pour it back into the work later.
Her work materialises in objects that go beyond the sphere of physical things, and set up links with situations in which meditation and feeling are the predominant factors. Solano has come to conceive sculpture as a voyage in time. "Art hides the meaning of time- time that leads to silence, forgetfulness, loss... Art belongs to the tissue that encapsulates the temporal and recalls it, the lights that illuminate it and the glances that approach it to explore what it entails", Solano stated recently.
"The experiences that make up the surface of our lives are many. But some are able to penetrate like arrows the core of existence, reaching without rhyme or reason certain neuralgic zones that constitute the powerhouse of our acts and thoughts and the perennially intricate source of our emotions. These profound experiences- ours, and only ours- are ultimately transformed, whether unconsciously or voluntarily, into a universe dominated by memory and image. The memory's image is stored outside of time, sailing freely through the irregular domains of the ego, while preserving the right to appear or hide at will".
For Solano, the body is the indicator of time. Her sculptures are not anthropomorfic though. But even in her works that are directly realted to architecture, it is the body that constitutes the first term of reference. It ultimately becomes one with the work when passing through it and complements its sphere of meaning.
Finally, it would be a mistake to reduce Susana Solano's work to a mere formal analysis, to the simple study of shapes, as they establish links with a sphere of greater definition.

 

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