MICHEL BOULANGER
Artiste belge, Michel Boulanger (1944-2024) pratique le dessin au pinceau, mais son propos est plus complexe et comprend différentes strates. Il s’agit pour lui d’établir une présence physique de l’œuvre, qui s’apprécie dès lors comme une sculpture. Qu’il s’agisse de la Caisse et 1 son 1971-73 (1978) ou de la Boîte de Zagora (1985), on constate que l’artiste se préoccupe de la résonance de l’œuvre et de son écho dans l’espace qui l’entoure.
Pour Michel Boulanger le dessin est la trace d’un perpétuel questionnement. Le regard précis et exigeant qu’il pose sur ses modèles vient refléter son infinie curiosité.
Face à un corps nu, il ne cherche pas simplement à trouver une forme de sensualité, mais il tente de saisir l’essence même du corps en question. Le dessin acquiert alors un caractère âpre, sans complaisance avec le réel. Si le geste de création est souvent fugace, l’observation qui précède peut être très longue. Un état de réceptivité maximale proche de la méditation est indispensable pour que soudainement et sans aucune forme de préméditation, l’artiste se mette à faire courir le pinceau sur la feuille. Il est, dit-il, à l’écoute du corps du papier, du pinceau et de l’encre, qui se « coagulent amoureusement ».
Parfois Boulanger orchestre des confrontations entre ses dessins. Il assemble des travaux d’époques différentes qui, autonomes au départ, se révèlent les uns aux autres. Ce travail de mise en rapport ou de composition fait partie intégrante de son processus de création, autant que le dessin en lui-même. Comme s’il attribuait une autonomie à ses œuvres, l’artiste entasse et conserve ses dessins dans l’espoir qu’ils parviennent enfin au vrai après un temps plus ou moins long.








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